Neuroscience affective

Pour une enfance heureusePour une enfance heureuse

du Dr. Catherine Gueguen (pédiatre). Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Editions Robert Laffont.

Ne vous êtes-vous jamais demandé quel impact avait l’éducation sur le cerveau de vos enfants ? Qu’est-ce qui favorise le bon développement d’un enfant ? Les neurosciences affectives (étude des émotions, des sentiments, des capacités relationnelles, etc.) l’ont fait pour vous.

Le cerveau d’un enfant étant très malléable durant la petite enfance (jusqu’à environ 6 ans), plus on est bienveillant et attentif avec lui plus cela va avoir une influence positive au point de vue affectif, intellectuel, empathique et physique. Le cortex préfrontal étant peu développé, l’enfant ne se régule pas car son cerveau n’est pas mature. Pour lui apprendre à gérer ses émotions, il faut apaiser l’enfant sans le gronder et le punir. Le tout en douceur et sans céder.

Le cerveau orbito-frontal est très précieux pour avoir de l’empathie, pour savoir aimer, gérer ses émotions, prendre des décisions et avoir un sens moral. Le psychologue Allan Shore a pu définir que plus on arrive à être calme et apaisant envers un enfant plus il aura de chance de développer cette partie de son cerveau. Cette théorie est étayée par une étude de chercheurs de l’Université de Harvard qui démontre que donner des fessées ou des claques pouvait créer de l’anxiété, des dépressions, des addictions ainsi que des troubles de la personnalité à l’âge adulte.

Si le mode d’éducation est trop « agressif » et « punitif », et l’on ne parle pas là d’une petite claque ou d’une petite fessée mais d’un mauvais traitement répété, il agresse l’enfant dans sa période la plus fragile. En effet, les diverses études citées plus haut démontrent qu’un stress important et répété chez un enfant au moment où son cerveau est le plus immature détruit des neurones dans les parties les plus importantes du cerveau.

De plus, certains neurones agissant comme des miroirs (neurones miroirs), les enfants imitent et reproduisent leurs gestes. Un parent crie, l’enfant crie. Etc.

Une autre étude met en avant l’importance du jeu et du rire chez l’enfant. Cet acte fondamental permet la sécrétion d’un genre d’engrais neuronal qui facilite et accentue la croissance des neurones en créant davantage de synapses et en permettant un meilleur développement du cerveau.

Ces dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins essentiels de l’enfant ainsi que nos idées préconçues sur une bonne éducation. Elles prouvent qu’une relation empathique, respectueuse et aimante est décisive pour permettre à son cerveau d’évoluer de manière optimale, pour déployer pleinement ses capacités intellectuelles et affectives, et ce pour la vie entière.

Le cerveau des enfants et des adolescents se révèle très vulnérable : toutes les expériences ont un impact majeur sur sa structuration. Les relations avec les parents ou l’entourage façonnent l’intelligence cognitive et relationnelle de l’enfant, et détermineront son comportement affectif et social, notamment sa capacité à surmonter le stress, à vivre ses émotions. Toute forme de maltraitance, de violence même apparemment anodine, perturbera le bon développement de son cerveau, de son affectivité, avec parfois des dommages irréversibles.

Il n’est donc pas trop tard pour réfléchir sur l’éducation donnée et de la repenser entièrement. Car bien des comportements destructeurs, des troubles cognitifs, dépressifs ou anxieux de l’adulte trouvent leur origine dans le développement cérébral façonné par les expériences des premières années de la vie.

Catherine Gueguen nous fait partager ces découvertes neurologiques saisissantes et les explique avec clarté. Elle les illustre avec de nombreux cas cliniques et propose des conseils éducatifs pour les parents et les professionnels. Le but ? donner la chance à l’enfant de devenir un jour un adulte libre et heureux.

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