Orthorexie

Troubles alimentaires 4Après l’hyperphagie boulimique, je vous propose un autre trouble du comportement alimentaire qui peut faire perdre la raison :

l’obsession de la nourriture saine

Cette pratique alimentaire, l’orthorexie, est caractérisée par le fait d’ingérer une alimentation saine, la plus saine possible. La personne orthorexique contrôle en permanence sont alimentation et choisit uniquement des aliments susceptibles de la maintenir en bonne santé. Pour rappel, lorsqu’une préoccupation ou une anxiété envahit le quotidien et a une répercussion sur la vie quotidienne ou sociale, cela devient une obsession. Donc à ne pas prendre à la légère…

La personne orthorexique est complètement obnubilée par son alimentation, ne pense qu’à ça et manque complètement de souplesse et de liberté alimentaire. Cela peut aller jusqu’à prétendre des allergies au gluten ou au lactose sans que cela soit médicalement justifié. La personne orthorexique invente souvent ses propres règles alimentaires et passe de plus en plus de temps à s’y plier.

C’est un nouvelle « vraie » pathologie alimentaire qui date des années 1990. Un phénomène appelé « toxicomanie à la nourriture saine » qui peut avoir un terrible retentissement négatif sur la vie quotidienne ainsi que sur les relations avec l’entourage car il n’y a plus du tout de convivialité. C’est ce qui fait le trouble du comportement alimentaire.

Tout le quotidien est envahi par ce trouble. Mais faire les courses reste un acte très difficile voire très périlleux puisque la personne souffrant d’orthorexie va lire très minutieusement toutes les étiquettes et rechercher les produits les plus BIO possibles.

Manger à l’extérieur de la maison est également très compliqué. La personne orthorexique ne peut pas supporter que quelqu’un d’autre fasse à manger. Donc pas de resto, ni de cantine et encore moins d’invitation à manger, ou alors elle amènera sa propre nourriture. Tout cela va progressivement créer un isolement social autour de la personne orthorexique ainsi qu’un isolement familial. N’oublions pas que l’entourage souffre aussi beaucoup de cette situation. En effet, la personne orthorexique s’impose en donneur de leçons mais aussi en vrai dictateur nutritionnel et rentre souvent en conflit avec le reste de l’entourage qui ne mange pas sain.

Là où les choses peuvent se compliquer, c’est lorsque la personne orthorexique a de jeunes enfants et qu’elle leur applique ses mêmes dictats alimentaires. Un enfant qui ne mange pas de biscuits, de bonbons, de chocolat ou de chips du tout est a priori quand même prédisposé ultérieurement à des dérapages alimentaires.

Comment expliquer l’orthorexie ?

  • Par la société : nous vivons dans une société de consommation, de grande abondance et de grande diversité alimentaire ; il y a la malbouffe, les scandales alimentaires et une multitude d’informations…
  • Par les facteurs psychologiques individuels : perfectionnisme, besoin de contrôle, mauvaise image de soi,  manque de confiance en soi…

Le fait de contrôler son alimentation de A à Z vient compenser la source d’angoisse, comme – par exemple – le manque de confiance en soi. Cela a qqch de très rassurant, c’est un peu comme un refuge que d’avoir ce contrôle à travers ce comportement orthorexique.

L’orthorexique doit cependant comprendre que ce comportement est un problème et qu’il faut se faire suivre.

Test de dépistage

Voici un test simple qui permet en quelques questions de savoir si votre comportement alimentaire est de l’ordre de l’orthorexie ou pas. Dr. Alexandra Pham-Scottez, psychiatre.

  1. Passez-vous plus de 3 heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?
  2. Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
  3. La valeur nutritionnelle de votre repas est-elle à vos yeux plus importante que le plaisir de le déguster ?
  4. La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ?
  5. Êtes-vous récemment devenu plus exigeant(e) avec vous-même ?
  6. Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
  7. Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments « sains » ?
  8. Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?
  9. Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  10. Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

En répondant oui à 4 ou 5 des questions ci-dessus, vous révélez qu’en ce qui concerne votre alimentation, mieux vaudrait avoir une attitude plus détendue.

En répondant oui à toutes les questions, vous montrez que vous êtes complètement obsédé(e) par le fait de manger sain.

La prise de conscience est toujours difficile et ne suffit parfois pas à assouplir le comportement orthorexique, il faut alors se faire aider par un psychiatre ou une psychologue, un nutritionniste ou une diététicienne spécialisés dans les troubles alimentaires.

 

Si vous êtes concerné(e) par un trouble alimentaire, n’hésitez à vous adresser à votre médecin ou à votre pédiatre. De plus, l’association « Les Ateliers du Cœur » organise également régulièrement des tables rondes pour les parents sur le sujet ainsi que des ateliers expérientiels pour les enfants ou adolescents. Les Ateliers du Cœur restent à votre entière disposition pour échanger sur le sujet. Deux psychologues ainsi qu’une thérapeute vous écoutent et vous conseillent. Les prestations de l’association sont gratuites et l’anonymat respecté.

2013-04-29 18.46.25ASSOCIATION « LES ATELIERS DU COEUR »

Avenue du Château 10 – 1008 Prilly

079 291 25 70 – info@lesateliersducoeur.ch

http://www.lesateliersducoeur.ch

 

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Trouble du comportement alimentaire

Troubles alimentairesQuand l’alimentation fait perdre la raison

Lorsque l’on parle de troubles alimentaires, la majorité des personnes pense à l’anorexie ou à la boulimie. Mais les troubles alimentaires recouvrent un éventail de pathologies très variées, parfois méconnues des patients mais aussi des médecins.

En effet, certains troubles sont très fréquents mais paradoxalement peu connus. Du coup, les patients victimes de ces troubles ne sont pas correctement diagnostiqués et donc pas pris en charge. Pourtant ces pathologies peuvent être très dommageables pour la personne atteinte. D’après la Doctoresse Alexandra Pham-Scottez, il y a environ 5 % de la population totale touchée par un trouble du comportement alimentaire.

Hyperphagie boulimique

Le trouble alimentaire le plus fréquent est le « Binge eating disorder » ou hyperphagie boulimique. C’est une compulsion alimentaire qui se manifeste, comme la boulimie, par une perte de contrôle du comportement alimentaire, avec consommation excessive. Les sujets touchés sont majoritairement des femmes, adolescentes ou jeunes adultes. Mais il y a quand même 30 % d’hommes touchés (10% pour la boulimie).

Troubles alimentaires 3La personne touchée par ce syndrome va manger de grandes quantités d’aliments très rapidement, généralement seule et en dehors des repas. Cette personne va manger sans faim jusqu’à se sentir complètement « pleine » et jusqu’à avoir mal au ventre.

Au début, il peut y avoir une certaine sensation de plaisir car la personne « s’autorise » à manger des aliments interdits autrement (gâteaux, biscuits, chocolat, chips, etc.). Mais au détour de cette compulsion alimentaire, il y a un sentiment de dégoût, de honte, de culpabilité, qui va prendre le dessus.

Quelle est la différence entre boulimie et hyperphagie ?

Pour l’hyperphagie, il n’y a pas de stratégie de contrôle du poids. Il n’y a pas de besoin impérieux de se débarrasser de ce qui a été mangé. Concrètement, le patient n’a pas recours aux vomissements ni aux laxatifs et n’a pas besoin de faire du sport à outrance ou de travailler plus que de raison. Il n’y a pas d’autres techniques de compensation. Par contre, la principale problématique est que les personnes atteintes grossissent, parfois beaucoup et que cela peut aller jusqu’à l’obésité.

Syndrome de la faim nocturne

C’est le cas d’une personne qui n’a pas faim dans la journée et qui mange très peu mais qui va se réveiller plusieurs fois par nuit, se lever et manger de grandes quantités d’aliments (de préférence gras et sucrés).

Hyperphagie prandiale

Cette pathologie consiste « juste » à manger des quantités beaucoup trop importantes d’aliments au moment des repas. C’est une personne qui va par exemple manger deux repas en un car elle n’a pas intégré les signaux de satiété, qui sont soit retardés soit carrément absents. C’est un trouble de la régulation neurobiologique.

Il est impératif de diagnostiquer ces troubles et de les prendre en charge. Car ils peuvent tous mener à plus ou moins long terme à une prise de poids, voire à l’obésité. Les complications liées à cette prise de poids peuvent être graves et handicapantes : hypertension, hypercholestérolémie, arthrose, diabète ; sans compter le retentissement sur la qualité de vie et sur l’image de soi…

Si vous souffrez d’un trouble alimentaire, il est important que vous vous en rendiez compte et que vous preniez conscience que c’est une maladie. Il faut être pris en charge. Les troubles alimentaires ne doivent en aucun cas être banalisés, ni par les personnes elles-mêmes ni pas les parents ou la famille. Le suivi est large et peut être pratiqué par une psychothérapeute, un pédopsychiatre, une diététicienne, un médecin-nutritionniste, etc.

Troubles alimentaires 2Tous les troubles alimentaires sont d’origine purement factoriels. Les problèmes psychiques peuvent être l’une des causes : il y a les facteurs génétiques, un disfonctionnement neurobiologique, un problème de régulation faim / satiété, des difficultés familiales, un traumatisme durant l’enfance ou des difficultés psychologiques. On trouve souvent parmi les patients qui souffrent de troubles alimentaires un problème de mauvaise gestion des émotions. En particulier les émotions pénibles (honte, tristesse, anxiété, culpabilité, etc.). « Je mange pour ne pas me sentir mal, pour trouver du réconfort, pour ne pas penser… ».

Dans le cas où le trouble alimentaire sert à court-circuiter ses émotions négatives, le patient doit consulter ! Le psychothérapeute va chercher à comprendre l’origine de ces émotions négatives pour essayer de travailler dessus et pour tenter de mieux les gérer afin de permettre au patient de moins recourir à l’alimentation pour gérer ses émotions pénibles.

Si vous êtes concerné(e) par un trouble alimentaire, n’hésitez à vous adresser à votre médecin ou à votre pédiatre. De plus, l’association « Les Ateliers du Cœur » organise également régulièrement des tables rondes pour les parents sur le sujet ainsi que des ateliers expérientiels pour les enfants ou adolescents. Les Ateliers du Cœur restent à votre entière disposition pour échanger sur le sujet. Deux psychologues ainsi qu’une thérapeute vous écoutent et vous conseillent. Les prestations de l’association sont gratuites et l’anonymat respecté.

2013-04-29 18.46.25ASSOCIATION « LES ATELIERS DU COEUR »

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